Au fait, c’est quoi un «aiguilleur du ciel» ?

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Par Claire Rodineau

Publié le 16/09/2022 à 11:49, Mis à jour le 17/09/2022 à 11:02

Le plus souvent en binôme, ils tracent chaque jour les trajectoires de vols. Ils sont aussi la voix qui guide le pilote dans le cockpit. Eux, ce sont les contrôleurs aériens (photo d’illustration de l’aéroport d’Heathrow à Londres). Tolga Akmen / AFP

FOCUS – Un millier de vols étaient annulés ce vendredi en marge d’une grève des contrôleurs aériens. L’occasion de se pencher sur le quotidien d’une profession aussi fantasmée que méconnue.

«Ils agissent dans l’ombre et personne ne soupçonne leur existence. Pourtant chaque année, la vie de millions d’individus en dépend». Tels sont les mots qu’ils utilisent pour se présenter sur leur compte Instagram, dans une devinette digne du père Fouras. On les appelle poétiquement les «aiguilleurs du ciel» mais leur nom à la ville est plus prosaïque. Eux, ce sont les ingénieurs de contrôle à la navigation aérienne (ICNA) ou, c’est plus court, les contrôleurs aériens. Leur décision de se mettre en grève, à l’initiative de leur principal syndicat (le SNCTA), a entraîné, par anticipation, l’annulation en cascade d’un millier de vols en partance de France ce vendredi 15 septembre. C’est dire combien leur rôle est crucial dans la machine bien huilée des aéroports.

Loïc Parisi, contrôleur aérien à l’aéroport Paris-Charles de Gaulle depuis 2005 et secrétaire national du SNCTA, résume : «Nous sommes les yeux des pilotes». «Au sein de l’aéroport, nous gérons un espace, une piste de décollage ou d’atterrissage afin que la sécurité soit garantie.» Le plus souvent en binôme, ils tracent chaque jour les trajectoires, analysent la vitesse, l’altitude, le cap de 10.000 vols dans l’espace aérien français. Ils sont aussi la voix qui guide le pilote dans le cockpit tout le long du trajet.

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Les yeux dans les cieux (mais pas que)

Le but ? Éviter, évidemment, qu’il y ait un «accroc», en d’autres termes un accident, en vol ou au sol. Mais aussi s’assurer que les procédures sont suivies en termes de nuisances sonores, par exemple, ou de protection de l’environnement. On le sait moins mais, en plus de l’aviation civile, certains aiguilleurs du ciel sont spécialisés dans l’aviation d’affaires et l’affrètement lors d’événements exceptionnels, comme les feux de forêt de cet été.

L’image d’Épinal qui les représente dans leurs tours, face à des murs d’écrans, est-elle exacte ? «En réalité, nous regardons plus l’extérieur à travers la vitre que nos écrans», précise Loïc Parisi, qui officie notamment dans la tour nord de Roissy, 95 mètres de haut, l’une des plus hautes d’Europe. «C’est la seule manière d’identifier comment se comporte l’avion, ce qui ne transparaît pas sur un écran radar. Mais les écrans permettent d’anticiper.»

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180 contrôleurs à Roissy

Fonctionnaires au sein du ministère de la Transition écologique et solidaire, sous l’égide de la DGAC (la direction générale de l’aviation civile), les contrôleurs aériens de nos aéroports sont recrutés sur concours, après deux ans d’études supérieures, par l’école nationale de l’aviation civile (ENAC), à Toulouse. Ils obtiennent leur diplôme à l’issue de trois années de formation.

La profession se divise ensuite en trois grandes catégories :

  • les contrôleurs tours, qui s’occupent des avions au sol à l’aéroport et du décollage,
  • les contrôleurs d’approche ou «approcheurs», qui s’occupent de tout ce qui suit le décollage et l’atterrissage,
  • les contrôleurs en route, qui s’occupent des aéronefs qui traversent l’espace aérien français. Ils sont postés dans des bases dédiées, comme celle d’Athis-Mons, en région parisienne.

À Roissy, 180 personnes exercent en rotation la fonction de contrôleurs de tour et de contrôleurs d’approche, des rôles complémentaires. En revanche, la fonction de «contrôleur en route» est selon lui trop technique pour être exercée par le premier venu. «Je serais bien incapable de la remplir malgré mes cinq années de formation».

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Un métier passion

Tout cela forme, in fine, un ballet millimétré mais invisible. Insoupçonnable mais permanent. Les contrôleurs doivent faire preuve d’une grande capacité de concentration et de réactivité pour ne rien laisser passer, la moindre étourderie pouvant avoir des conséquences dramatiques. Il leur faut aussi savoir changer de plan en une fraction de seconde en cas d’imprévu. «C’est un travail qui requiert une attention de tous les instants. On ne peut pas se permettre de décrocher trente secondes». À Paris-Charles de Gaulle, pour s’assurer une concentration maximale, ils observent une pause réglementaire de 30 minutes toutes les deux heures et demie. Les horaires sont réduits (32 heures par semaine) et l’âge de la retraite, anticipé (59 ans).

Le professionnel décrit un «métier passion», comme beaucoup de professions de l’aérien. «Une certaine magie subsiste dans le fait de réussir à faire voler un avion. Et depuis nos tours, la vue sur Paris est imprenable.» Preuve de cet intérêt : sur Instagram, le compte «Contrôleur aérien», tenu par le SNCTA, est suivi par 11.000 personnes.

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